Le témoignage de Dominic.

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Courrier
Survivre à un deuil…
Témoignage de Dominic, 17 ans

Lorsqu’on apprend la mort d’une personne que l’on aime, on ressent un choc qu’on ne peut absorber. Les premiers jours et même les premiers mois, on a l’impression d’un simple départ, que nous reverrons assurément l’être cher. Le problème est d’être confronté à l’idée que cette personne est bel et bien morte, même si nous espérons la revoir.
En réalité, dans le deuil comme dans les autres épreuves qui nous semblent insurmontables, il y a toujours deux choix. Celui de sans cesse se buter contre le mur de la solitude qui nous plonge dans la plus profonde tristesse. Ou celui d’accepter dès le départ le fait que la personne disparue ne sera plus présente, d’être conscient qu’elle nous manquera, mais que notre vie et celle qui l’entourait continueront. Autrement dit, rester debout sans toutefois enfermer en soi les sentiments que crache constamment en nous le deuil.
Je ne sais pas quel choix a fait Karine, mais en ce qui concerne le deuil de mon père, mort à la suite d’un cancer, j’ai opté pour la seconde option. Je crois de cette façon avoir moins blessé mon être.
D’après moi, Karine se remettra à son rythme de cette dure situation. Je lui suggère de ne pas percevoir l’accident comme un mauvais souvenir, mais plutôt de se rappeler avec bonheur les moments qu’elle a vécus avec son frère. Il est nécessaire, je crois, de passer par la rage, l’incompréhension, l’ennui. Une fois que ces sentiments sont libérés, ils laissent plus de place à l’acceptation. Et en parler à quelqu’un enlève une grande partie du fardeau.Cela paraît bizarre, mais en mourant, mon père m’a laissé un bien inépuisable : celui d’avoir passé à travers l’une des plus dures épreuves et l’impression d’être plus fort moralement. En ayant dépassé cette situation limite, j’ai le sentiment qu’aucun autre événement ne pourra me jeter sur le sol.

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